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Les rumeurs du mois



 

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 BadLife
Jeu 17 Nov 2016, 04:33
Invité
Invité


C'était le meilleur choix. Puisque tu l'as accepté.

Soir

Le bruit, la peur, le doute. C’était saisissant. Puis le silence, la terreur, et l’inconstance. Généralement, Lange était une personne calme et raisonnée. Il était souriant et joueur. C’était une personne agréable à côtoyer. Nombreux de ses collaborateurs le décrivaient comme enthousiaste et dynamique. Parfois, cette vision idyllique et heureux de vivre pouvait agacer comme-ci il affichait sur son visage la richesse qu’est le bonheur. Toutefois, la vision de Lange était différente pour ceux qui vivaient sous son toit. Lorsque la solitude le prenait, le doute et la peur du lendemain. Il devenait un être faible, capable de se briser au moindre mot et au moindre rocher. Plus le temps passait, plus sa carapace était forte et moins il sombrait dans les méandres de la souffrance. Pourtant, certain soir, il ne pouvait s’empêcher de penser à ce jour-là en Amérique où il avait été rejeté par la personne qu’il aimait. Des conquêtes, pourtant, Lange en avait eu et en aurait sans doute encore. Sans savoir la raison, il attirait un nombre conséquent de personnes et n’en tirait aucune gloire. Le plus souvent, il se contentait de les ignorer. Malgré sa grande détresse sentimentale, Lange n’était pas de ceux qui tombaient dans les premiers bras tendus. Toutefois, il lui arrivait de succomber.  
Il se réveilla somnolant, se redressa, au bord du lit d’une inconnue. Elle était nue, endormie. Le soleil devait déjà être haut dans le ciel, la pièce était entièrement éclairée. Autour de lui, Lange constata les cadavres de bouteilles sur le sol, autour du lit, les sous-vêtements féminins qui ne lui appartenaient pas, le soutien-gorge oublié près d’une chaise et son propre boxer abandonné au pied du lit. Il se sentait poisseux, des flash-back de corps en sueur lui revenant à la mémoire. Le corps chaud d’une femme, une poitrine dans sa main, des boutons rosés qu’il avait goûté. Un haut de cœur lui vint. Elle se retourna et il se redressa, ramassant sa chemise et son boxer, s’habillant à la hâte.
Il l’entendit se redresser dans le lit, ses bras s’étirer et venir l’enlacer. Elle parla, mais Lange ne l’écoutait pas. Une mèche rousse et bouclée glissa contre lui, il se retourna pour l’observer. Elle lui ressemblait. C’était horrible et tellement brutal.

Il se leva, se défaisant d’elle, ramassant son portable à la diode clignotante. Visiblement, quelqu’un avait essayé de le joindre. Il regarda les messages, nombreux, saouls qu’il lui avait envoyés. Il connaissait son numéro par cœur, malgré l’horreur de ce geste. Il était possessif, passionné et furieusement jaloux. Il l’insultait, s’excusait, l’implorait, le rejetait. C’était sans arrêt ce schéma entre eux. C’était pour ça que Lange avait fui ce jour-là, sans attendre d’être rejeter une nouvelle fois.

Il se souvenait parfaitement de ce jour. De ce jour, où il était venu frapper à l’appartement de l’être aimé. Cette personne arrogante et prétentieuse qui lui avait ouvert la porte. Entre la drogue, l’alcool et les armes à feux, ils avaient échangé des coups, des verres et un baiser. Inconsciemment, Lange s’était accroché à lui et avait manqué de sombrer, de se laisser aller à un bonheur fou. Jusqu’à ce que la porte se soit ouverte sur le mari. Un mari sage, bienveillant, qui ne s’était ni étonné, ni fâché de la présence de Lange. Au contraire, il avait été doux, avait pris l’être aimé dans la salle de bain pour soigner ses plaies pendant que Lange s’était sauvé. Puis, le voyant occupé, il était parti. Lorsqu’on est l’amant, le tiers et l’abandonné, on n’a aucune légitimité.

Il lui avait envoyé des messages, nombreux. La personne en avait été agacé, mais avec prudence avait répondu. Jusqu’à ce que Lange lui dise de ne plus jamais répondre, de l’ignorer et de l’oublier. Ce qui avait sans doute été fait. C’était ça le pire : savoir que l’autre avait pu tirer un trait sur lui, d’un claquement de doigts. C’était là leurs relations, lui aimant trop, l’autre l’aimant parfois. Lange glissa une mèche dans ses cheveux, alors que la voix de son amante le ramenait à la réalité. Elle lui indiqua la douche, négligemment, se levant nue sans en être gêné. Lange attrapa une bouteille de vodka, à moitié terminé, à moitié entamé, sur la table de chevet. Il but une longue gorgé. S’il n’y avait pas eu Philip et Judith, il aurait choisi de mourir ce jour-là. Lange ne savait pas si ses enfants avaient été une excuse pour vivre – et s’il en éprouvait du regret. Ou s’il avait été sa raison d’être – et qu’il éprouvait du remord d’avoir songé les quitter. Ce qu’il savait, c’est que la balance de ses deux vies avaient fini par être incompatible. Son combat perpétuel avec la personne qu’il aimait ; et le combat pour permettre un avenir meilleur à ses enfants. Deux mondes totalement différents qu’il avait su gérer pendant des années avant de s’en retrouver totalement paumé.

Elle rit, venant contre lui, attrapant la bouteille d’alcool pour boire à son tour. Elle se fichait des pensées de l’homme. Elle le voulait, elle ne le laissait pas indifférent, elle prenait sa chance. Elle eut sans doute raison.  Le soir tomba, lorsque lange glissa au-dehors de l’appartement, les cheveux humides d’une douche. Il vacillait, maladroit, et marcha.

Peu importe le temps qu’il fallut à faire chaque pas vacillants, peu importait la bouteille d’alcool à sa main. Il avait vendu son âme au diable en venant ici. Préférant ses enfants à son amant, préférant la sécurité de ces derniers à son intégralité de journalistes. Pouvait-il encore se leurrer sur le sort de certains hybrides ? Sur les viols ? Sur la violence injustifiée. Savoir les siens heureux permettaient-ils d’être ici. Il se haïssait. Dieu seul sait, oh, combien il l’aimait.
Il repensa à ses cheveux roux, à son air buté, à sa violence enragée. C’était une amitié fragile, personne ne voulait y croire. D’ailleurs, il s’était buté à la croire incassable, mais l’avait rompu lui-même. Un lac.

C’était un lac qui lui faisait face et Lange retomba contre un arbre. Il n’avait guère fait attention qu’il n’avait que son jean, des baskets sans chaussettes et une chemise mal boutonnée.  Il regarda l’eau, face à lui, fermant les paupières. La douleur était prenante, il avala une gorgée de la bouteille. Il ignora les messages de son colocataire, de sa famille et de cette fille. Il avait presque envie de jeter son portable à l’eau. Au lieu de ça, il regarda les messages qu’il avait envoyé.

Il était pathétique. Un vieil homme de trente ans pathétique. A cet âge, on n’était plus tourmenté par une peine de cœur datant de l’âge de pierre. Encore moins qu’elle était davantage du fantasme que la réalité. Parfois, ça le faisait souffrir. De ne pas savoir si l’autre avait éprouvé des sentiments amoureux ou juste une amitié compliquée. L’un ou l’autre lui allait. Pourtant, à chaque fois il ne faisait que tout foirer. La réalité, c’est qu’il avait eu peur. Comme toujours. La fuite avait été la meilleure solution. De toute façon, qu’apportait-il à l’autre ? Du malheur, du drame, de l’inconstance.

Il devait essayer de changer. Il se le promettait puis revenait à ses prémices. Inconsciemment, Lange fouilla dans sa pochette, tirant une pierre verte, sans grande valeur. Il la tourna dans sa main. Une croix en collier, un briquet orange, une pierre verte, un ticket de musée, des tickets de métros, des places de cinéma, des musiques et des dessins, c’était ce que l’autre lui avait laissé. Lange avait soigneusement évité les photographies ensemble pendant les soirées. Il avait évité d’apparaître sur son mur d’actualité, d’être intégré dans sa vie. Parce qu’il se disait que s’il devait mourir, ou si l’autre en avait assez, la rupture serait plus facile. Ainsi, l’autre pourrait l’oublier sans avoir quoique ce soit venant le rappeler à lui.

Lui, il avait une photographie prise par l’un de ses amis, qu’il avait sauvegardé en message caché. Une photographie de cette personne lors de leur première rencontre. Il avait aussi la photographie d’un polaroïd lors d’une soirée d’ivresse. L’autre n’avait rien et c’était sans doute mieux ainsi. Qu’il l’oubli.

L’eau était belle, la lune se reflétait dedans. Le lac était un endroit magique, mais Lange se doutait qu’aucune sirène viendrait y émerger. Il regarda la pierre entre ses doigts. Il pourrait la lancer, et commencer à tourner la page. Il l’enfuit dans le fond de sa poche, le bout de ses doigts venant effleurer ses lèvres. Combien de fois rêvera-t-il encore de l’embrasser ? Peut-être est-ce que c’était ça l’enfer, le châtiment d’avoir choisi de vivre ici. D’être condamné à se souvenir d’un rêve du passé. D’imaginer les courbes de cette personne, ses yeux flamboyants, sa haute taille, sa stature impressionnante. D’imaginer sa force, leurs coups, leurs baisers. De s’imaginer l’enlacer, le caresser et finir par baiser. Pas par finalité, comme tous ses amants qui croient que le sexe est le plus important, mais simplement comme un passage fou, jusqu’au matin, où il implorait un café avant de le fixer se lasser de lui, le vouloir proche, mais loin. Le voulant là, mais pas toujours. Le pas toujours, s’était transformé en jamais.

Le pire dans tout ça, c’était que ce jour-là, il n’était pas directement parti. Il ne s’était pas simplement absenté, l’air de rien. Il avait été récupéré la croix, récupérer l’arme à feu, une bouteille d’alcool et il était parti. Ainsi. Comme-ci ses objets pouvaient lui apporter quoique ce soit. Au fond, Lange savait pertinemment qu’il était trop tard. Il avait été oublié. Il avait été effacé. Il n’avait été que le reflet de la lune sur ce lac, disparaissant au matin. Dieu, qu’il le haïssait de ne pas l’avoir rattrapé. De ne pas l’avoir plaqué contre un mur. Il aurait même accepté d’être frappé, de rendre les coups, de se faire insulter.

Lange soupira, retirant ses chaussures, avançant pied nu sur le bois d’un quai. Il s’arrêta, s’assit, les pieds dans l’eau, le pantalon trempant allégrement. Le monde était en guerre, les gens s’entretuaient, les pays se déchiraient, la violence augmentait, les prisons n’étaient plus sécurisées, la peine de mort était d’actualité, et les humains étaient transformés en objet : et lui, il pleurait un amour perdu. C'était de sa faute, il en avait conscience. Il avait aussi conscience qu'il mourrait de le revoir, qu'il mourrait tout court. L'alcool, la drogue, le sexe, rien ne pouvait remplacer sa présence. Alors que l'autre ne lui avait rien offert.
Rien. A part ce stupide caillou. Quel abruti. Se rendait-il compte à quel point il l'aimait ? Lange en doutait et c'était mieux ainsi. Il le savait, jamais il n'aurait gagné. Il n'était pas l'amant. Il était rien. Il avait toujours été ce rien. L'autre avait été trop gentil pour lui dire, mais en vrai : Lange savait qu'en n'étant plus dans sa vie, il le protégeait.

Et le pire, c'était que malgré toutes les menaces, il savait que c'était une solitude plus immense que le lac qui le tuerait. Malgré sa grande maison, sa grande famille, sa grande richesse, il n'était qu'un petit prince. Et sans sa rose, il ne pouvait vivre.

Pathétique petit homme.  
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